Pollution sonore et conservation marine : Priorités, méthodes et enjeux

6/23/20262 min temps de lecture

Contexte et Problématique

Les cétacés dépendent du son pour leurs fonctions biologiques vitales, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la pollution sonore océanique (sonar naval, prospection sismique, trafic maritime). Bien que le bruit soit reconnu comme un polluant par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS), il reste sous-réglementé. Les participants soulignent que les zones de protection marine (ZPM) actuelles sont pour la plupart trop petites pour atténuer efficacement l'exposition au bruit sur de grandes échelles géographiques.

Recommandations principales

L'atelier préconise une approche systématique pour mieux protéger les habitats des cétacés :

  • Révision des ZPM : Les États devraient évaluer leurs ZPM existantes pour y intégrer des restrictions spatio-temporelles (STR) liées au bruit.

  • Zones tampons : Créer des zones tampons autour des habitats critiques pour maintenir une distance de sécurité entre les sources de bruit et les cétacés.

  • Gestion des activités bruyantes : Ajuster les routes maritimes, limiter l'utilisation de sonars navals dans les zones sensibles et exiger des études d'impact rigoureuses pour les projets industriels (ex. exploration pétrolière).

  • Coopération juridique : Reconnaître officiellement le bruit sous-marin comme un polluant dans les accords régionaux (comme ACCOBAMS) et internationaux (OMI/MARPOL).

Cadre de travail (Framework) pour la priorisation

Le rapport propose un cadre en six étapes pour prioriser les actions de mitigation de manière transparente et scientifique :

  1. Définir les objectifs et la portée géographique.

  2. Identifier les données disponibles et combler les lacunes (utilisation d'avis d'experts si nécessaire).

  3. Synthétiser les données pour cartographier l'exposition aux menaces.

  4. Générer une carte des priorités d'atténuation en intégrant les contraintes socio-économiques.

  5. Prioriser les actions selon leur efficacité, leur faisabilité et leur coût.

  6. Mettre en œuvre et surveiller les mesures, avec une boucle de rétroaction pour une gestion adaptative.

Études de cas:

  • Méditerranée : Priorité donnée au Sanctuaire PELAGOS, à la mer d'Alboran et à la fosse hellénique, avec des recommandations pour restreindre les sonars et le trafic maritime afin de protéger des espèces comme le cachalot et la baleine à bec de Cuvier.

  • Asie du Sud et de l'Est : Nécessité urgente de compiler des données de base sur la distribution des cétacés face à une pression industrielle et militaire croissante, afin de concevoir des mesures de protection adaptées.

L'atelier conclut que la gestion spatio-temporelle est l'un des outils les plus efficaces pour protéger les cétacés, et que l'adoption d'un cadre systématique est essentielle pour rendre ces décisions défendables et économiquement efficientes.

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